Le Village de Montady

 

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Une inscription latine (Corpus inscriptionum Latinorum XII 4311) atteste qu'en 455, le prêtre Othia fonda à Montady une basilique sous la triple invocation des saints Vincent, Agnès et Eulalie, martyrs tous célébrés cinquante ans plus tôt par le poète latin Prudence.

La colline située au cœur du village est surplombée par une tour féodale du xiie siècle (tour de Montady, vestige d'un château aujourd'hui disparu).

L’étang de Montady était autrefois "un marais saumâtre en eaux stagnantes, cause de nombreuses épidémies" c'est ce qui était écrit dans la charte de 1247 (aujourd'hui disparue mais dont il reste la retranscription aux Archives départementales de Montpellier). Ceci est faux. Des travaux effectués par le professeur Jean-Loup Abbé de Toulouse ont montré que cet étang avait une vie très active : pêche, chasse, cueillette des roseaux, etc. Son équipe a même trouvé un quai fait de coquillages concassés au pied de la colline d'Enserune. En 1247, l’archevêque de Narbonne donna toutes facilités à quatre propriétaires pour entreprendre les travaux nécessaires à l’assainissement de l’étang.

Dès 1270 était mis en place un réseau de fossés à la forme originale, en soleil, qui permit un assainissement local et rendit exploitables 420 hectares de terre. Diverses cultures s’y succédèrent sur les parcelles triangulaires appelées « pointes ». Les cultures se faisaient en bordure et le centre était laissé au pacage des bêtes. Le réseau de canaux permet le drainage des eaux du pourtour vers le centre. De là, un fossé creusé à contre-pente, prolongé par la galerie creusée sous la montagne d’Enserune – longue de 1300 mètres, c’est un chef d’œuvre des artisans du Moyen Âge – conduit les eaux jusqu’au ruisseau de Clavilongue.

La crise du phylloxera (vers 1870) détermine la vocation viticole de Montady. Sa forme naturelle en bassin fermé permet une immersion des vignes, moyen de lutte efficace contre ce fléau. Un réseau d’irrigation gravitaire est mis en place, tirant l’eau du canal du Midi. L’introduction de nouvelles cultures, notamment fourragères et légumières, plus exigeantes en eau, impose l’installation d’un second réseau d’irrigation après 1960. Il s’agit de conduites souterraines d’eau sous pression, permettant l’arrosage par aspersion.

 

On attribue la constitution du château de Montady au xiie siècle bien que l’on ait prétendu que du ixe au xiie siècle, les Sarrasins avaient fait de celui-ci un lieu de refuge. Il semblerait que le château de Montady eut à souffrir des agressions des troupes de Simon de Montfort lors de la guerre contre les Cathares en 1209 après le sac de la ville de Béziers. La troupe des croisés se dirigeant sur Minerve et le seigneur, Bernard Pons, étant l'ami de Trencavel, le village de Vinacan qui se trouvait à l'emplacement du cimetière actuel fut brûlé et le château fortement endommagé côté nord-est mais il restait les trois tours, le donjon et les bâtiments. Il est à noter que le château de Montady faisait partie d'un co-seigneurage. Le deuxième château, celui de Saint-Jean-de-Tersan, se trouvant probablement vers le domaine du Bosc fut complètement démantelé et disparut. Seule est restée la chapelle qui depuis a également disparu.

En 1226, Pierre de Montady est propriétaire du château. Jusqu’en 1600, il reste dans la famille des Cabrières puis retombe dans les mains du roi. Le sieur de la Ricardelle possède ensuite la seigneurie de Montady jusqu’en 1660. En 1661, le château est vendu au chapitre de Saint-Nazaire à l'exclusion de la tour qui, elle, est revendue comme bien communal en 1792.

 

Date de dernière mise à jour : 28/06/2017